Sans comment taire

Un journal de Journal En Ligne.com

Archive du journal au 25/12/2007.

Sommaire

18 Février 2007 à 0h24
L'Océan aux étoiles
20 Février 2007 à 16h16
Vie et labyrinthes
20 Février 2007 à 16h20
Tout et rien
22 Février 2007 à 13h50
Vivre
24 Février 2007 à 11h09
Soleil radieux
27 Février 2007 à 15h57
Richesse du tout perdre

L'Océan aux étoiles

Dimanche 18 Février 2007 à 0h24

Il était une fois... sur l'île de l'Océan aux étoiles, une communauté dont les êtres partageaient le goût de l'ordinaire, des jeux sur la plage... à la pêche, des repas... aux moissons, des danses... à la contemplation, des rires... aux larmes, des rêves... à l'Amour...

Bien que l'île demeurait accessible à qui le voulait, rien de bien troublant ne venait s'y attarder cependant, en contrarier l'Harmonie, le trouble-même étant considéré comme un moyen privilégié de faire grandir la communauté, bien qu'elle n'en eu réellement "besoin".

Parmi ses habitants se trouvaient deux êtres qui avaient toujours vécus ensemble et ne s'étaient jamais séparés : Elea et Manil.

Depuis toujours ils partageaient tout et ne conservaient aucun secret l'un pour l'autre, fut-il tû par les mots!

Tout se passait donc comme si cela ne pouvait s'interrompre, se dissoudre ou consumer.

Se coulaient des jours heureux et seul cela importait.

Un jour vînt, cependant, ou Elea fut appelée pour La Terre sans étoile, ne pouvant y renoncer ou contrevenir dans son coeur, même si son corps et sa tête ne parvenaient à le concevoir!

Car, alors, elle savait qu'elle allait devoir faire une chose qu'elle n'avait jamais entrevue : faire ses premiers pas loin de Manil.

La déchirure fut effroyable mais l'oubli vint à sa rescousse par le revêtement d'un corps auquel il lui allait falloir s'abandonner complètement et... perdre toute mémoire.

Manil n'y pouvant plus, effrayé à l'idée de savoir Elea dans de telles contrées, décida d'aller la rejoindre sous un corps plus mâture, pour qu'ainsi il la précède dans l'âge et l'expérience, pour la guider.

Ce qui se passa, sans que lui, aussi, puisse emporter toute mémoire!

Ainsi la vie passa dans ce monde de temps, rien, aucun signe, aucune probabilité ou certitude ne laissant augurer de quelconques retrouvailles avec Elea!

Tout se traversait en "mémoire perdue", jusqu'à la Voix qui avait affirmé : "pas d'inquiétude, vous vous retrouverez le moment venu!".

Un soir de jour heureux, cependant, Elea se jeta aux yeux de Manil, s'immergeant intégralement dans les abysses de son coeur comme pour en, ultimement, raviver la mémoire.

Manil le ressentit et la reconnue de suite, brusquement bouleversé par ce qu'il ressentait alors mais ne parvenait à expliquer ou contrôler.

C'était passé par une voie et un moment des plus inattendus, un canal qui ne pouvait se toucher avec les mains mais intégralement se saisir avec le coeur, vivre dans l'âme.

Manil ne la "voyait" donc pas, mais ne sentait plus qu'elle, eux, la boule de Lumière que représentait toujours leur Histoire.

Instantanément, deux colombes se relayèrent pour rejoindre Elea, mêlant le flot ininterrompu des larmes de Manil à l'eau du calice de leurs deux coeurs réunis!

Depuis cet instant... d'éternité, Manil ne fait plus que contempler le paysage et ses deux colombes.

Il sait qu'Elea ne sait pas encore de ce savoir qui emplit la conscience diurne mais... sait également que, depuis, à mi-chemin entre nuit et jour, lune et soleil, un autre coeur s'est mis à battre, un dont les chuchotements sont désormais perceptibles, leur mariage subtilement célébré.

Agenouillé devant la source, il attend, palpe délicatement des lèvres l'eau qui lui vient à la bouche, sans rien hâter ou diluer de ses mains.

Coeur et corps apaisés, l'éternité peut, à présent, reprendre son cours, la vie son envol.

Paskal.

Vie et labyrinthes

Mardi 20 Février 2007 à 16h16

Encore beau ce matin, mais encore frais aussi! Chaque petit monde s'occupe de sa petite vie et... tout est bien comme ça, pensais-je encore!

Le voisin joue de la perceuse : on joue toujours en ce monde, surtout du bruit, moi qui aime tant le calme, la douceur, l'à peine remou des choses!

C'est un peu la confusion en moi (peu dormi ou, du moins, pas assez?) mais je patiente tranquillement l'éclaircie qu'offre, généralement, le "soleil du temps"!

Avec le site, je revisite un peu mes anciens textes et poésies et ça me fait du bien et drôle car ça fait un bail que je suis plus allé leur dire bonjour!

A lire le journal d'autres, je vois à quel point beaucoup se sentent perdus dans leur propre histoire, prisonniers de ses labyrinthes!

Je vois aussi que "ça n'en finit jamais" : pour peu qu'un dilemme (cuisant ou pas) soit "résolu", un autre ne tarde pas à prendre sa place, nous replongeant dans l'enfer duquel nous nous croyions sorti ou libéré!

Alors se pose la question : à quoi sert-il donc de dépenser autant d'énergie à s'extirper d'une galère quand une autre nous attend au tournant, inéluctablement?

La réponse ne semble ainsi pas résider dans l'apparente et provisoire rédemption qu'offre "le combat pour exister" mais se trouver "ailleurs", là où, peut-être, sans doute, on ne la soupçonne pas?

Toute ma vie je me suis "attaché" à "mon" histoire, luttant sans fin pour finalement réaliser que c'était précisément mon attachement à elle qui posait problème, "me" rendait LA VIE SI IMPOSSIBLE.

Cette prise de conscience ne s'est pas faite avec ma tête, "par" ma volonté, ou au travers d'une quelconque "recette du bonheur", mais par épuisement, par "abdication forcée" devant la force des évènements, qui ont fini par me mettre à genoux et "m'achever"!

Passé d'un apparent quelque chose à un plus rien, mon regard sur moi et la vie n'a plus été le même, a comme "radicalement changé par obligation ou nécessité", car je souffrais trop alors pour qu'un "autre chose" n'émerge pas, pour que je ne puisse renaitre de mes cendres, "quelque part"!

Cela je le pressentais (déjà) en moi sans, auparavant, jamais être parvenu à le contacter par la "volonté" ou quelqu'autre chose qui appelle à l'effort ou au combat!

Au milieu de ce qui n'était alors plus que ruines et désolation s'est ainsi entrevu que "je pouvais ne pas être "l'histoire" de "ma" vie" (ses hauts, ses bas... enfin tout que je considérais comme tels, "mon identité" comme ce que je pensais "m'appartenir"...) mais... quelque chose d'autre qui, lui, se situait peut-être au-delà de tout un "jeu apparent"?

C'était d'autant plus dur (de s'ouvrir à cela) que je m'accrochais à ce qui semblait "(représenter) tout" pour "moi" mais... me glissait invariablement des mains!

Plus je résistais et plus je souffrais...

Il n'y eu que cette interminable traversée du désert, cet enfer sans nom, pour venir à bout des illusions auxquelles je m'agrippais encore... tant!

Aujourd'hui, toujours "convalescent", j'ai abandonné toute lutte pour imposer "ma" loi, pour tenter de "faire" de la vie ce qu'un "prétendu moi" pense pouvoir ou parvenir à accomplir.

Il est dorénavant souvent "vu" que "je ne suis pas mes émotions, ce que je pense connaitre ou vouloir, les évènements, mon corps, un quelconque "devenir" ou ce quelqu'un à (absolument) mener quelque part, l'autre, le passé, ce que je "pense posséder" ou pas, mes acquis ou avoirs, mes rêves et principes, pensées ou conditionnements"...

Me voilà ainsi en train de vivre en être profondément plus léger et libre, tellement moins "accaparé ou bouffé" par la roue des évènements qui semble représenter tout ce qu'il y a... pour moi ou tout engloutir sur son passage, nous compris!

Je me "mêle" beaucoup moins de ce qui ne "me" regarde pas :-) "en particulier", du déroulement de la vie ou de la marche du monde, réalisant que, de très loin, tout cela me dépasse et se passe, de toute façon et depuis toujours, des "êtres qui pensent pourvoir y "changer" quelque chose"!

Car on pense que cela "est nécessaire", perdant alors de vue notre impuissance à ce niveau et le fait que nous "Sommes par Essence" bien au-dessus de ce tintouin réccurent et que, finalement, tout cela a bien moins "d'importance" qu'on veut généralement le voir ou le reconnaitre!

Il y a de la souffrance, certes (et, comme beaucoup, je l'ai vécue plein pot), mais elle ne nous "appartient" fondamentalement pas et n'a nul "besoin" même qu'on la fasse "sienne", comme pour un objet!

Quand cela est vu, accepté ou saisi, alors la vie ne peut plus revêtir le même visage, même ce qui est considéré comme injuste ou "ne devrait pas exister", comme la tristesse, l'ennui ou la souffrance!

Quand on se met à goûter autrement ces "viles" énergies ou couleurs que l'on combat, on peut alors s'en "dissocier" et les vivre à l'égal d'autre chose : juste une énergie sous une certaine "forme ou apparence", qui muera de toute façon vers une autre, sans que cela soit un "épineux problème ou obstacle en soi"!

Je peux comprendre (ou suis conscient) que cela ne soit pas facile "d'accès", que certains puissent s'hérisser d'entendre dire que "la souffrance ou les conditions de vie" sont "secondaires (ou pas "primordiales" en nous)" ou encore "pas tout ce que nous avons et sommes"!

Mais je ne me pose pas ici en "prêcheur de la bonne parole" mais en "témoin" de ce qui, intimement, a accompagné le parcours de "ma vie", ou en a fait battre le coeur!

Rester sincère et fidèle à ce dont peut témoigner ma vie - en simple ouverture de quelque chose auquel on n'est pas obligé d'adhérer ou considérer - est la seule chose qui m'importe ici!

Je pense qu'on ne peut enseigner ni faire ou fabriquer, voire même "traduire", "ce qu'on Est déjà"!

La Vie Est, Reste, au-delà de tout ce qu'on peut considérer autre ou contraire!

Paskal.

Tout et rien

Mardi 20 Février 2007 à 16h20

- Hé! T'entends pas ce que je dis? : il a été insultant là, blessant même ; il t'a déconsidéré et manqué de respect...

  • Et alors?

- Bin ça te fait rien?...

  • Pourquoi ça "devrait" "me" faire quelque chose?

- Parce que c'est plutôt humiliant non?

  • Humiliant pour "qui"?

- Bin pour toi pardi!! : quelle question?...

  • Mais moi je ne suis pas "l'image" à laquelle ces vexations s'adresse ou se réfère!

- Non mais tu ressens bien quelque chose, ça peut pas te laisser indifférent tout de même, tu ne peux pas rester planté là sans rien dire ou réagir?...

  • Non, c'est sûr!... Mais tu sais bien que je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions quelles qu'elles soient!?

- Oui mais t'as surement bien envie de lui dire ses quatre vérités à celui-là, de le remettre à sa place... une fois pour toutes?

  • Pour quoi faire? Servir qui, défendre qui, l'honneur de qui? : me battre pour quelque chose qui ne fait qu'aller et venir, simplement, et dont le manège en ramène sans cesse le pompon? Non merci!

- Oui mais on peut pas toujours se laisser écraser ainsi, laisser l'autre nous marcher dessus, dire ce qui n'est pas vrai...?

  • D'abord, si ce n'est pas vrai, comme tu le dis, alors pourquoi s'en inquiéter? Puis de "qui" parles-tu là? Qu'est-ce que tu cherches à me faire faire ou dire...? Tu sais bien que tout cela n'a fondamentalement pas d'importance, que ce qui est en question n'est qu'une "représentation" que se fait l'autre de "moi (par "lui")" et que, par conséquent, je n'ai absolument pas à m'appesantir sur ce genre de chose ou... détail!

- Je ne te comprends pas, Paskal : n'as-tu donc pas de fierté, envie de te faire respecter... un peu, de montrer "qui" tu es, que t'es pas une... loque?

  • "Qui" je suis?... En tous cas je préfère paraitre une loque aux "yeux" des autres comme aux miens plutôt que d'alimenter le ridicule d'un jeu dont le quotidien raffole ou se bâfre et qui ne fait que semer et renforcer le trouble-même qu'il cherche à combattre ou éradiquer! Ce type de danse n'a-t-il pas existé de tout temps? Alors pourquoi voudrais-tu me faire croire que je puisse, "moi", quelque chose là où tant de siècles et de gens n'y ont jamais rien pu? Je crois que tu confonds forme et fonds?

- Mais de quoi parles-tu?...

  • Je parle que, au-delà des apparences, il y a un Refuge où il est bon de demeurer, pas du tout inquiété ou préoccupé par la "forme" que peut prendre les évènements ou une "affaire personnelle à régler"! Je veux dire que, "quand on a conscience de s'y sentir", ou savoir "déjà", plus grand chose de toute la mascarade habituelle ne parvient à conserver le crédit ordinairement alloué! On voit alors que ce n'est qu'une "projection fictive d'un soi" que l'on cherche à défendre (et que "l'autre" attaque) et que, par conséquent, l'objet du conflit n'a lieu "d'être", pas la substance active "réelle" supposée et qu'il demeure vain et ridicule de s'y identifier, attarder ou... perdre!

- Mais quand même : cette impuissance ou indifférence est révoltante : on ne peut tout de même pas laisser le monde faire ce qu'il veut de nous?...

  • Le "monde"!... Et pourquoi pas?... si celui qu'il traduit n'est pas "qui" on est vraiment et n'a de réelle emprise sur ce "qui"? Tout est calme et peut le rester au-delà de la bonne ou mauvaise marche du monde! Penses-tu être aussi important ou indispensable que ça? Ou n'est-ce pas plus volontiers ce récurrent sentiment d'impuissance qui te fait te raccrocher à tout et rien par peur d'avoir à le ressentir ou reconnaitre?

Paskal

Vivre

Jeudi 22 Février 2007 à 13h50

Ne plus lutter ; vivre avec la conscience que rien ne nous appartient, pas même nous-même, notre corps, ce que, a priori, la vie fait de "nous", met sur "notre" chemin...

Vivre dans le regard d'un jeu qui constamment se balaye, se renouvelle... pour disparaître à nouveau, indifféremment d'un soi ou chose quelconque à (absolument) maintenir en vie ou mener quelque part.

Vivre dans le dépouillement le plus total, sans plus de regard pour le "consistant de soi", quoi en faire, quoi en maîtriser ou comprendre ou savoir.

Vivre comme si tout n'était "que" manifestation, mouvement de formes rattachées à rien de précis ou particulier, comme un bâteau sans port, insoucient du mouvement des vagues sous lui, de la couleur du chapeau du moment, de la corde qui le maintient ou le laisse partir, de l'état dans lequel il est et celui dans lequel il sera ou pourrait être, du "qui le conduira où?"...

Vivre comme si tout était "égal", une chose pas plus ou moins qu'une autre, une direction pas plus enviable, prometteuse ou méritante, qu'une autre.

"Vivre sans plus attendre", dès maintenant, là, avec ce qui se présente, comme un amoureux fou des mille visages de sa Belle ou de son Beau, offert sans négoce, tergiversations ou compromis.

Vivre dans le plaisir de lâcher, tout accepter, tout reconnaître comme la vie sous ses plus beaux atours, déchirante de lumière et d'évidence, de caresse, de surprise, d'inexploré, d'inconditionnel.

Vivre "qu'à bras ouverts", sans verrou, sans rien pour les refermer, rien à serrer ou déployer, libérer ou étouffer, faire ou refaire, retenir ou dissoudre.

Vivre dans le bonheur de "n'avoir pas à être, devenir, mériter, conduire, doubler, écraser, courir, se battre, chercher, trouver, vivre ou mourir.

Vivre sans peur de perdre ou posséder, d'avoir ou ne pas avoir, changer ou ne pas changer, être ou ne pas être.

Vivre au-delà du regard de la division, du séparé apparent, d'un coeur "individuel" pour "chaque chose", d'une main individuelle à chaque bras, d'un amour "propre" à chaque "personne".

Vivre comme si tout était bon, toujours, à sa place, visage d'ami ou d'ennemi, de oui ou de non, de vrai ou de faux, de peut-être ou on verra bien.

Vivre comme si vivre n'existait pas, n'avait plus d'importance, pas à être un défi ou une préoccupation : mourir, pas davantage.

Spontanément,

Paskal

Soleil radieux

Samedi 24 Février 2007 à 11h09

Hier, au réveil, une bonne surprise m’attendait : en surfant sur la toile avant de me mettre à mon journal (intime), un "père Noël", à mon insu, m’a envoyé un de ces colis express qui vous tue tout un ordi (antivirus et antispywares coupés sans délai et sans possibilité de réinstallation, avec bon nombre de logiciels "plus lançables"), si bien que j’ai pas pu écrire, trop occupé à réinstaller XP et le reste !

Ce n’est pas tant cette "bénédiction" qui m’a dérangé, mais le fait de "passer à côté de ce moment privilégié qu’est l’écriture du jour"!

Je tiens un journal intime depuis onze bonnes années maintenant et l’écriture reste pour moi "l’unique chose qui me fait pas défaut au quotidien", laquelle je pratique sans me forcer ou même y penser, naturellement, sans plus même, aujourd’hui, y chercher une quelconque "rédemption thérapeutique".

Car autrefois je m’y étais mis, à cette histoire de "renaitre par les mots", voyant clairement aujourd’hui que... ça n’a, "fondamentalement", rien changé et que cela n’était, paradoxalement, pas nécessaire !

Ce matin je me sens plein de fraicheur, avec "le regard que la vie est au-delà du beau et... mauvais temps", que tout est privilège si on parvient à lui donner la réponse adéquate, non pas une réponse "personnelle" mais précisément "son absence" !

Car il est possible de voir "la vie telle qu’elle est", s’en faire humblement l’écho et voir cet écho à l’oeuvre tout autour de soi, sans le juger ou confronter à "ses propres"... estimations !

C’est souvent "la vie comme on la voudrait ou l’espèrerait" qui perturbe tout et nous retient de l’accès à ce qui "simplement est".

Tout se déroule toujours et s’est toujours déroulé "comme la vie le Voulait (et ce depuis la nuit des temps)" : alors pourquoi s’inquiéter, en faire toute une "histoire" ou en défier l’immuable ?

Quand on n’est plus "occupé" à, ou accaparé par, "nos" revendications, alors peut se rendre disponible un "autre regard sur la vie", la nôtre comme celle qui nous "entoure" !

Finalement : moins on tente de choses, d’oppositions ou impositions, d’enrichissement au-delà de ce qui se présente ou ce que nous "avons déjà", et plus la vie nous montre que "tout est bien "déjà" comme c’est", qu’il n’y a pas à chercher "autre chose ailleurs", et que, de toute façon, tout change et ne tardera pas à changer, à nous montrer et faire vivre autre chose, autrement... : car "qu’y pouvons-nous ?", là où l’on s’est usé et s’use encore à intervenir sans que quoi que ce soit de significatif prenne place, sans même voir que "la vie EST au-delà" de tous nos efforts (pour la "changer") et... intentions, bonnes ou mauvaises ?

Ce que le temps à fait sur "ma" vie ? : juste en faire "tomber les résistances, faillir les écailles", rien de plus.

Je n’ai eu le choix de "voir ou pas voir" cela : ça s’est imposé dans ce que "je considérais" comme... "ma" vie, sa connaissance et sa maîtrise !

Aujourd’hui le coeur n’est plus à la "lutte (trop éprouvé pour ça)" mais à "l’abandon simple et sincère en ce que la vie présente", sans trop de question ou jugement.

Et un Soleil radieux s’offre en cela.

Richesse du tout perdre

Mardi 27 Février 2007 à 15h57

Encore rêvé de Nadine. Nous avions de la distance alors puis, cette distance s'est estompée au fil du rêve, nous ramenant à une presque sexualité, avec, cependant, toujours cette distance et méfiance entre nous.

ça m'a chamboulé, bien sûr, et, là encore, je suis mort, mort de tout, mort de vivre, mort d'être, d'être ici dans ce monde pourri et si mensonger : la grande arnaque quoi!

Là je suis un peu moins décrépit, le monde se chargeant de me remettre sur le rail de l'adaptation, de gommer ces fameuses traces laissées pas la "nuit".

Car je n'ai le choix que de faire avec, comme je n'ai eu le choix de faire sans.

Tout nous reprend sans cesse, comme si c'était indispensable qu'on reprenne "l'ouvrage" là où on l'avait si mal laissé.

Ainsi ne fais-je pas exception, et me remets en route doucement, sans trop comprendre ou savoir à quoi ça sert.

Plus rien ne badine : je suis "brut de chez brut", plat dans les mots et pensées, face à la vie, pour ne pas dire... acerbe.

Tout le venin ressort et gicle indifféremment, ça et là.

Quelle importance, en effet : on va pas me dire ou me faire croire que "la vie est un gros con-te de fait"!?

Ces comptes là, j'en ai soupé, en revient pour mieux en revenir d'y être retourné.

Oui, la joie n'est pas au beau fixe, c'est entier, et qu'importe le chaotique ou déglingué du présent récit : je n'ai plus rien à perdre à présent et... la vie est ce qu'elle est, ni bonne ni mauvaise, que je me sente mal ou pas, le dise ou reconnaisse pas.

Au moins, ce que j'aime, c'est que je me fous de ce qui s'écrit, que ça redevient libre... de tout, affranchi du regard de l'autre et tout ce qu'on peut échafauder autour de lui.

Parfois j'aimerais tout détruire, conscient que je ne détruirais alors rien... de significatif, rien qui vaille qu'on le maintienne encore debout!

Alors : que tombe ce qui, de toute façon, ne tient pas debout!!

Que ma carcasse subisse ce qui n'a pas d'importance et en crève jusqu'à renaître... Enfin!

Je ne veux plus de loi et de tous ces machins qui prétendent nous dire la vie!

Au diable le merdier de nos repères, certitudes et avancements!

Aujourd'hui, ma bonne amie la mort frappe, juste et précise, comme toujours!

Je l'aime pour ça : elle ne badine pas, elle, au moins ; va droit au but, fidèle à faire pâlir les plus grands assurés!

Car qui peut dresser un quelconque bouclier face à elle?

Qui a "les moyens" de lui dire d'aller se faire foutre, d'aller jouer aux billes avec les enfants de sa rue, de repasser plus tard?

On peut se croire certaines choses, ici-bas, mais devant l'Insaisissable, ...?

Alors oui, douce mort, tu as raison : chamboule-moi jusqu'à ce que je retrouve la "richesse du tout perdre", jusqu'à ce que le con que je demeure disparaisse à tout jamais de sa connerie!

Oui, même dérangeante, voire surtout : tu restes ma meilleure alliée, les yeux les plus perçants que je connaisse, la vie la plus vraie que je puisse toucher!

Tout cela n'a pas d'importance, et le rêve est bien là où il doit être, disparu avec la nuit, comme tout doit disparaître avec l'existence, ce qui, par dessus tout, il nous faut probablement nous rappeler, apprendre, reconnaître et, enfin, "laisser" nôtre?

Pleurais-je ainsi de joie, sans le savoir?

Serais-je plus qu'à l'accoutumée, sans le voir?

Sûr que le voile déchiré fait mal, peur, trouble, paradoxalement, tout!

Tu m'as appris le paradoxe, et cela m'a permis de rester ouvert, de ne pas m'arrêter aux choses en les croyant figées ou ce qu'elles paraissent!

La contrepartie est dans tout, et rien n'est ni blanc ni noir, même si on s'évertue à les disséquer!

Le voilà ainsi le trouble : se croire coupé en 2 alors que tout est 1, le demeure en son au-delà!

Sans cesse, la vie me fait passer par les marécages pour en savourer l'écume, pour me montrer et remontrer la beauté de toute chose, même la plus innommable ou indescente!

Je savoure alors, je le sais, si "proche" de ce que je m'efforce tant de fuir, si vivant en ce que j'interprète alors comme de la mort, de la souillure ou du niet'!

Ici, quand tout est dévisagé, reste alors une intimité crue avec la vie, un amour qui se joue sans fard et sans distance, aussi chaud qu'apparemment froid, plein qu'apparemment vide, différent qu'apparemment indifférent!

Là où je crois n'être plus rien, d'un coup je réalise que je suis tout, pas la misère cachée derrière la richesse mais la richesse cachée derrière la misère!

ça calme, fait retomber, et finit par faire dire, ou s'avouer : "vive tout!", sans discrimination aucune entre vie et mort, pardon ou non, amour et contraires!

Spontanément,

Paskal.