Et encore une fois tout recommencer ailleurs en espérant que cette fois ci, ce sera la bonne.
Petite présentation. Je ne voulais pas faire ça mais c'est juste que je n'ai rien à raconter ce soir. Les mots ne viennent pas. Du moins pas comme je le voudrais.
Une enfant/gamine/adolescente/jeune femme de bientôt 19 ans. Après ça, que dire d'autre ? Je ne sais pas qui je suis.
Egoïste, jalouse, capricieuse, immature, méchante, impatiente, agressive, mal dans sa peau ?
Gentille, douce, tendre, aimante, amoureuse, généreuse, fragile, sensible, altruiste ?
J'ai arrêté la fac il y a 2 mois et depuis je tourne en rond dans ma maison. Je reste seule, cloîtrée dans ma chambre.
Peur de vivre.
Peur de trouver un travail.
Peur de passer ce fichu concours pour entrer dans l'école d'infirmière.
Peur de reprendre mes études l'an prochain...
Tout ça me parait si loin...
Aurais-je le courage de reprendre mes études à 20 ans ?
Tout recommencer ?
3 ou 4 ans d'études ?
Peur d'échouer...
A entendre tout le monde me dire : "Si cette fois-ci tu échoues, tu ne seras jamais rien dans la vie !" je commence à paniquer.
Je me regarde dans un miroir et je n'ai qu'une seule envie, c'est de le briser, de frapper encore et encore... De me briser... Parce que je me hais tout simplement...
Toujours ces 2 personnes cachées en moi.
Celle qui veut se battre, celle qui veut chercher du travail et prouver à tous que non, je ne suis pas une feignante qui passe sa vie à l'ordinateur où devant la télé. Leur montrer que je n'ai pas peur de la vie et des autres. Celle qui fréquente les bibliothèques pour mettre toutes les chances de son côté pour réussir le concours. Celle qui aide, qui parle. Celle qui ferait la fierté de ses parents. Celle qui se prendrait en main et qui apprendrait à se contrôler, à être courageuse, à s'accepter... Celle qui rendrait heureux son chéri qu'elle aime plus que tout.
Et il y a celle qui baisse les bras. Celle qui passe son temps à pleurer, à crier "putain mais aide moi !", celle qui se fait du mal retombant de temps à autre dans l'automutilation au pire des cas. Celle qui fait du mal autour d'elle, à ses parents, à son petit ami, parce qu'elle veut leur faire voir sa souffrance. Elle veut faire souffrir pour ne pas être la seule. Elle pète un cable lorsque son copain lui raconte ses journées au lycée et à l'internat, aveuglée par la jalousie parce qu'elle est en train de crever dans son trou... Elle lui fait mal alors qu'elle l'aime de toute son âme, pour ensuite se sentir encore plus mal. Celle qui a peur... Peur de tout. Peur de vivre, peur de sortir de chez elle, peur d'affronter le regard des autres, peur de chercher un boulot, peur de demain... Celle qui étouffe l'autre...
Comment renverser la vapeur et échanger les places ? En allant voir un psy ? Je répondrais encore et encore : "Non merci, j'ai déjà donné."
Il n'y a que quand il est près de moi qu'elle arrive à sortir.
Il n'y a que quand il est là que je suis à la hauteur comme dirait ma grand-mère. Malheureusement, il n'est pas toujours là et je retrouve souvent seule face à moi même. Dans ces moments là, il faudrait que je trouve le courage de l'affronter au lieu de me laisser bouffer.
Mais où ?