Après la vie, là.
Jeudi 18 Mai 2006 à 22h52
18 mai, 22h52
Après la villa, il y a la vie là, au dehors, elle respire, exulte, se meut en milles et une vibrations.
Je sens que vais m'y plaire, beaucoup même.
Mais l'instant suivant, la terreur me gagne, je me sens isolée, Iseultée. Les connexions se font rares. Chacun vaque à ses occupations, les tonalités se fondent dans le vide des messageries.
BIP BIP BIP BIP BIP BIP "vous êtes sur la messagerie vocal de : Jacques Duchmol"
Les Jacques Duchmol gagnent du terrain, ils sont de plus en plus en plus nombreux, regroupés en masse, ils avancent dans le vide et le silence.
Que faire ?
- faiblir, dormir, IR en espagnol c'est aller.
amstramgrampiqueetpiqueetcolegramme.
19 mai de la nuit du 18 / 2h25, pique et gramme plus tard...
thé au jasmin, grammique dulcinée.
Je suis loin d'être tirée d'affaire.
Je désolidarise les porte bougies achetés chez IKEA, organise mon sanctuaire, suis prise d'assaut par le clavier. Mes mains le réclame, le pétrisse, mon point finale me donne du fil à retordre.
Flêche : point. Point.
Gestion des écrits, visualisations des membres, Angie seule demeure. Le thé se boit à présent, il ne brûle ni mon palais, ni ma langue, il se boit, doucement.
Une cigarette de plus, à cette heure ci, on fumerait n'importe quoi, c'est le cas.
Il me plaît ce concept de journal, j' aime les voir s'aligner tous ces mots bien sagement, les uns derrière les autres, une façon comme une autre d'espérer que le téléphone se réveillerera, juste pour un petit coup, une bonne vibration.
Pas trop forte, la musique, au cas où un poney se reveillerait.
Finir mon thé, ne plus me brûler, prendre une douche, mettre de la crème sur mon corps, coiffer mes cheveux courts, éviter l'épi du matin, m'endormir, fébril, le sexe dans le ventre, la main dessus.
Une dernière pour la route.
Aucun message reçu sur les 100 autorisés, c'est nomal, je viens de m'abandonner.
Couic couic
Lundi 22 Mai 2006 à 18h49
Torticoli.
Joli mot, je porte une minerve, un nerf s'est tout simplement enlacé dans un autre nerf, créant ce qui s'appelle un noeud. Peux plus bouger, du haut de la nuque, jusqu'au bas des reins, coincée, si jeune, et si coincée.
Je me sens une montée puissante de violence, à en en violer les simples codes de la vie futile. Je rêve de bataille et de morsures, de sang coagulé et de coups bien portés. Je m'imagine suivre la trace des grands voleurs de corps, emportée dans la magie de plus en plus noire des mes démons.
Donnez moi un verre de vin.
Que celui qui sait comment...
Lundi 22 Mai 2006 à 21h42
fonctionne ce journal, m'éclaire.
Je n'ai accès qu'a des choses qui fuient, mes mains posées sur l'écran, qui fouillent de mon regard la suite des évènements, c'est à n'y rien comprendre! Tout s'échappe et disparait son mon oeil, que je pensais avisé et conscient. J ai mal au cou. J'ai échangé mon col roulé contre un col V, histoire que ma minerve ne me fasse pas oublier que je ne suis pas une femme taureau.
Le démon de 22:34
Lundi 22 Mai 2006 à 22h43
Après avoir passé mes nerfs bloqués sur les fenêtres peintes de mon cabinet de toilette, sans avoir pu même y entrevoir l'exterieur, et m'être rendue compte que chaque résidu tombé par terre collait sur les tomettes, j'ai craqué, suis allée acheter ue bouteille de vin blanc, un petit "Côteau du Lanquedoc" à 5 euros, 5 euros ça fait poivrot ou pas? Le plus chic c'est l'extra poutre. j'ai resisté, resisté mais fallait pas me pousser bien loin, je devais l'attendre : la contrarieté qui me fait devenir si conne.
Beaucoup plus forte que moi....
Jeudi 25 Mai 2006 à 0h39
Comme je voudrais être un wonder hero. Voler au dessus de Paris et ailleurs, faire un souhait être exaucée, tout de suite maintenant là, pas demain, me satisifaire de ce que je suis, de ce que je veux, ne plus me ronger. Quand on demande à mes poneys "elle fait quoi ta mère" elles répondent "ma mère elle dort". Alors que JE NE DORS PAS. JE TRAVAILLE DUR. Et oui, le week end je dors, et alors?
Plus tard modifications du 26 mai 2006.
Bon je perds mon si somptueux travail, mon titre dégageant l'ultime vibration. A en faire mouiller le slip des jeunes filles se lançant dans la vie active. Finito, le train train, les miles, les aller retours, le fastes des grandes capitales, finito. retour à la case départ.
Et elles ont raisons, ces sacrés ponettes, oui, je dors, je ne fais que cela d'ailleurs, sauf le soir; le soir je ne dors pas, le soir : je rumine.
Je mâche trois stimerol simultanément pour ôter l'odeur âcre du vin, de la clope et des extras. Le soir je fais tout ça. Le soir, je ne fais rien. J'attends mon prince charmant. Viendra, viendra pas, est-il seulement certain d'exister quelque part pour moi. Sait-il que je suis là, bien assise sur mon tabouret noir Habitat. Hé ho du bâteau, j'attends d'être amarée.
C'est bien là tout le problème : on me jette pour ce que l'on a aimé chez moi.
Je le sais, que j'aime de manière excessive, mais j'aime si rarement.
Ca doit ressembler à un cendrier géant, chez moi, mon bel appartement de 95 mètres carrés en plein coeur du marais, que je perds pour retard de loyer. Normal, pas de bras, pas de chocolat. Je me nourris d'illusions aussi, de faux semblants, de mensonges - petits, les mensonges- mais les uns derrière les autres, on dirait un gros long boudin.
Même le super ponte de la thérapie recommandé par les psychiâtres/psychotérapeutes de la villa, n'est pas certain de vouloir de moi, enfin de pouvoir travailler avec moi. Le travail, c'est un contrat, il ne pense peut-être pas que je puisse tenir mes engagements. Je serai tentée de le croire. Alors quoi?! , et si moi même je ne crois pas en moi, qui le fera à ma place. IL FAUT QUE JE ME POSITIONNE.
Sans titre
Jeudi 25 Mai 2006 à 19h20
Souffler, inspirer, expirer, ne pas lutter contre l'angoisse, la laisser venir, monter en rafale, telle une vague. Ne pas tenter de la retenir, lacher prise, virvolter avec elle, en un tumultueux ballet, ne faire qu'un. Elle se lassera bien à la fin de ne pouvoir me capturer.
Récuperer la sauvegarde.
Vendredi 26 Mai 2006 à 22h35
Ces chères bonnes âmes, je suis écoeurée. Tout le monde est là, l'instant suivant, pouf! tout le monde disparait. Que font-ils ces donneurs de leçons? Ils dégagent. Je les deteste tous, pas un, pas un; ne relève le niveau de l'autre. Petite vie, trainassante. Je suis emplie de haine et de colère, de tristesse aussi. Cela ne change rien. La vie va, après la vie, il y a ça. CA, me tue.
LA petite histoire.
Vendredi 26 Mai 2006 à 23h14
C'est l'histoire d'un mec qui va dans un café. Il entre, se retourne et dit "salut, c'est moi!"
En fait, c'était pas lui.
Certains, disent qu'ils viennent : ils ne viennent pas.
D'autres, ne disent rien : ils viennent.
Parfois, ceux qui disent, font.
Il y a ceux, aussi qui peuvent souvent changer d'avis.
La troisième option est très rassurante, mais la dernière les démolit toute. aucun postulat : des faits, s'il vous plaît.
Fête des mères
Dimanche 28 Mai 2006 à 18h56
Avons passé la journée à l'arboretum de Vincennes. L'helvète, les poneys et moi. Avons pas joué à la famille. C'est encourageant. Question de ponettes : " vous êtes toujours amoureux?" Réponse des adultes : pas de réponse. L'air en suspend. Le soleil en cascade, pas de vent, que du chaud, partout là en bas et au dedans, chaud, chaud et frémissant.
Diego
Lundi 29 Mai 2006 à 15h45
J'ai vu Diego ce matin, elle vient d'avoir un petit bébé, très joli, très fin.
Elle est très belle Diego, très épanouie aussi.
En y allant je m'en voulais d'être encore l'amie qui appelle pour prendre des nouvelles, je me disais que si elle me reprochait de ne pas être venue plus tôt, je lui balançerait qu'elle n'est qu'une egoïste, qu'au lendemain de nôtre dernière rencontre, je me suis foutue en l'air et que c'est ELLE qui aurait dû s'inquièter, pas moi.
Mais c'est moi qui aie raconté, sans qu'elle ne demande rien. En effet , elle se doutait, mais n'imaginait pas. Quand j'ai eu finit de parler, elle m'a regardé avec ses grands yeux clairs, et elle s'est mise à pleurer très fort avec l'enfant dans les bras. Elle m'a dit à quel point notre amitié était importante, et qu'elle avait besoin de moi. Que ça lui faisait beaucoup de mal de se rendre compte que j'avais voulu mourir, et que ça aurait pu marcher.
J'ai toujours minimisé mes liens d'amitié avec Diego, je n'ai jamais compris, par exemple, pourquoi on s'était pas parlé pendant un an, juste parce que je n'étais pas allée à sa crémaillère. Je comprends aujourd'hui toute la sonorité du mot "juste", le "seulement" qui n'avait pas autant d'importance à mes yeux. Pour elle, c'était important et je l'ai negligée. Et là, précisemment je viens de refaire la même erreur d'appréciation. Diego est mon amie et elle m'aime fort.