Il était presque 19h et je n'avais pas encore mis le pied dehors. Je ne le mettrai sans doute pas. Juste, quelqu'un avait accroché un sac plastique à la poignée de ma porte. Dedans, un trousseau de clefs, un peu de monnaie et un petit bout de papier. Ma voisine. Ses chats, j'avais oublié. Aller voir si tout va bien et de l'argent car elle n'a pas eu le temps d'aller acheter de la nourriture. Je me demande si moi j'aurai le temps…
Dans la boîte aux lettres collective, on nous a mis a chacun un «Vie de Famille », bien qu'on vive tous chacun seuls dans nos 25m²…J'en prends un quand même. Je ne l'ai pas sorti de son plastique.
Une journée où l'arrivée de la nuit nous surprend tellement et alors seulement on se rend compte qu'on a rien fait…Une journée où, tellement lassée que je ne sais même plus quelle musique je veux écouter.
Quelques coups de fil pour meubler.
Elle. Aglaé. Dans l'histoire de ma vie tout le monde aura des prénoms « rétro », parce que, ça fait bien les prénoms rétro.
Elle, donc, un nouvel homme dans sa tête, comme toujours, comme si il lui fallait toujours quelqu'un du genre masculin en tête, pour justifier son appartenance au genre féminin, et pour l'aider à chaque matin se battre pour être digne de ce qu'on appelle « être une femme ». Elle, toujours son âme d'enfant, toujours excitée à l'approche des fêtes de noël, elle deux mois avant avait déjà commencé sa « liste au père noël ». Alors Sourire. Elle qui a déjà acheté mon cadeau…Bizarre, je me rends compte que cette fois je n'ai même pas cherché à deviner ce que c'est, comme je l'ai pourtant toujours fait. Elle, avec qui l'on dit toujours un « maximum de conneries dans un minimum de temps ». Elle, qui rencontrera Jules en décembre.
Mais la journée n'est pas finie, il me reste encore du temps, beaucoup de temps si je veux, je n'irai pas voir les chats ce soir, je ne sais pas où est passé Jules, j'ai coupé mon téléphone, pour combien de temps ? Chut, j'ai du travail.