Les Gens Autour...

Un journal de Journal En Ligne.com

Archive du journal au 25/12/2007.

Sommaire

16 Novembre 2006 à 21h02
Du silence et du bruit
28 Novembre 2006 à 16h17
Retombée
2 Décembre 2006 à 0h13
autre chose
5 Décembre 2006 à 1h20
Parfois,
14 Décembre 2006 à 14h21
Vivement Bientôt.

Du silence et du bruit

Jeudi 16 Novembre 2006 à 21h02

Il était presque 19h et je n'avais pas encore mis le pied dehors. Je ne le mettrai sans doute pas. Juste, quelqu'un avait accroché un sac plastique à la poignée de ma porte. Dedans, un trousseau de clefs, un peu de monnaie et un petit bout de papier. Ma voisine. Ses chats, j'avais oublié. Aller voir si tout va bien et de l'argent car elle n'a pas eu le temps d'aller acheter de la nourriture. Je me demande si moi j'aurai le temps…
Dans la boîte aux lettres collective, on nous a mis a chacun un «Vie de Famille », bien qu'on vive tous chacun seuls dans nos 25m²…J'en prends un quand même. Je ne l'ai pas sorti de son plastique.
Une journée où l'arrivée de la nuit nous surprend tellement et alors seulement on se rend compte qu'on a rien fait…Une journée où, tellement lassée que je ne sais même plus quelle musique je veux écouter.
Quelques coups de fil pour meubler.
Elle. Aglaé. Dans l'histoire de ma vie tout le monde aura des prénoms « rétro », parce que, ça fait bien les prénoms rétro.
Elle, donc, un nouvel homme dans sa tête, comme toujours, comme si il lui fallait toujours quelqu'un du genre masculin en tête, pour justifier son appartenance au genre féminin, et pour l'aider à chaque matin se battre pour être digne de ce qu'on appelle « être une femme ». Elle, toujours son âme d'enfant, toujours excitée à l'approche des fêtes de noël, elle deux mois avant avait déjà commencé sa « liste au père noël ». Alors Sourire. Elle qui a déjà acheté mon cadeau…Bizarre, je me rends compte que cette fois je n'ai même pas cherché à deviner ce que c'est, comme je l'ai pourtant toujours fait. Elle, avec qui l'on dit toujours un « maximum de conneries dans un minimum de temps ». Elle, qui rencontrera Jules en décembre.
Mais la journée n'est pas finie, il me reste encore du temps, beaucoup de temps si je veux, je n'irai pas voir les chats ce soir, je ne sais pas où est passé Jules, j'ai coupé mon téléphone, pour combien de temps ? Chut, j'ai du travail.

Retombée

Mardi 28 Novembre 2006 à 16h17

Il y a de ces moments où tu t'en fiche, tu t'en fiche de marcher sous la pluie en tongs, où tu t'en fiche d'être trempée
De ces moments où tu t'en fiche d'entrer dans un fast-food et même si certains disent que c'est de la malbouffe et même si toi aussi tu le dis, aujourd'hui tu t'en fiche parce que.
Et tu attends qu'on te serve, et tu regardes les gens autour
Voir ce monsieur demander de voir les différentes tailles de cornets à frites, les différentes tailles de gobelets, et cette serveuse prendre le temps de tous les sortir, de les lui montrer,
Voir ce monsieur lui demander ensuite l'heure, et comme si l'heure allait définir la taille de cornet qu'il choisirait…
Je souriais, intérieurement, et puis, sur mes lèvres je ne le cachais plus, mes yeux devaient briller
Et je m'en fichais, juste être là et penser à ce que tu venais de me dire, à ce qu'on venait de vivre et même si tu venais de partir, être heureuse
Prendre mon temps cette fois, et ce chemin qu'on venait de parcourir à deux si vite, ce même chemin le reprendre tout doucement, toute seule, mes pieds prenaient l'eau et je m'en fichais…La pluie s'arrêtait et j'aurai préféré qu'il pleuve à torrent
Je marchais parmi tout ces gens, me faufilait doucement et parmi eux je n'étais personne… J'étais juste la plus heureuse...Rentrer enfin, voir ce lit encore en désordre, désordre de nos corps…Les restes de notre petit déjeuner, ta cuillère encore dans ta tasse de café vide,
Un vide de toi,
Alors, Simplement tout laisser en plan, et, malgré tout, le sourire tombe, tu n'es plus là.

autre chose

Samedi 2 Décembre 2006 à 0h13

Elle a éteint son téléphone, et l'a caché dans un tiroir avec son paquet de tabac, a fermé ce tiroir. Elle a prévenu Jules qu'elle coupait cet engin pour tout le week-end. Elle est partie travailler sans. Fière de cette action. Dans le bus, sonneries de portable, dégoût soudain. Ces sonneries, souvent dernières musiques commercialisées, téléchargées, au son hargneux…Soudain ça la dérange. Une boule au ventre lors du déclenchement de l'une d'entre elles. Dérangée dans sa lecture du dernier Notomb. Dérangée et à la fois satisfaite de ne pas porter cet objet sur elle. Pouvoir hurler intérieurement « je ne suis pas dépendante de cette chose ». Hmm.
Libérée, elle peut faire autre
chose, elle ira demain acheter de la laine, et apprendra à tricoter, elle se dit que ça l'occupera dans le train, elle se dit que ça lui plaira, d'assembler les couleurs, elle se dit qu'elle aimera ça, de créer. Et puis elle se promènera, regardera les gens, prendra des photos peut-être. Même, elle se rendra à cette salle de sport, pour voir jouer cette équipe féminine, parce que, si jamais, au cas où, juste pour voir…Elle...Ou moi.

Parfois,

Mardi 5 Décembre 2006 à 1h20

,Elle frappe à ma porte, elle voit que je suis au téléphone, elle me fait signe qu'elle repasse plus tard,
Elle repasse. Et puis elle me propose de fumer une cigarette ensemble, elle revient avec son paquet de blondes,
et puis elle me propose qu'on boive quelque chose ensemble, elle revient avec une bouteille de vodka et une brique de jus d'ananas. Face à face, c'est parti, on est installées, prêtes, elle peut commencer à me parler, je l'écoute… Elle restera, peut être, deux heures ? Elle me parle de son nouveau travail, serveuse dans un salon de thé, qu'elle va quitter parce que
« c'est trop… tu vois quoi c'est trop….. » oui, la population ne lui correspond pas, il n'y a pas de contact honnête ni vraiment enrichissant avec le client, oui je vois ce qu'elle veut dire non ça ne lui convient pas alors, un poste à l'hôpital, oui , elle souhaiterait demander de travailler dans le services pour les malades du SIDA, parce ça, ça ça lui parle, elle se sent concernée, sensibilisée, et….. Oui. Alors je souhaite que ça marche pour elle.
Parfois elle me parle de son ancienne voisine, celle qui habitait mon appartement avant moi, qui était en fac de psycho, mal dans sa peau… Parfois elle me parle de son fils, son fils sorti de prison qui est « tout pour elle », et quand elle me dit ça je pense que oui, je sens et je vois à son visage qu'il est tout-pour-elle, et à ce moment là, réflexe humain qui fait qu'on ramène souvent les choses exprimées par les autres à nous, à notre histoire à nous aussi parce que
« et moi ? », à ce moment là je me demande si ma mère en dirait tant à mon sujet, et avec de tels yeux…Elle me dit qu'elle voudrait que je le rencontre, alors on parle de la parentalité, de ce que ça apporte, de ce qu'on peut ressentir… Dès que mon verre se vide, elle le remplit à nouveau,
La vodka m'enivre et on refait le monde.
Elle me parle de son autre travail si particulier, et,
Cette fois, j'ose lui poser des questions, lui en parler, et on en parle…Et quelque part, c'est fort….
Elle me parle de mon Jules, le couvre de louanges comme elle le fait depuis le début parce que oui, elle voit, elle me connaît, elle sent qu'on est complices et puis, qu'est ce qu'il est gentil, et qu'est ce qu'il est beau aussi et, qu'est ce qu'il est… et qu'est ce que je suis contente pour toi que…et que tu aies trouvé quelqu'un comme ça parce que…Alors sourire.
Arriver à parler de vêtements et puis, penser que j'ai ce pantalon que je ne mets plus, avoir envie de lui faire plaisir surtout, elle l'essaie, je lui dis garde-le.
Il est tard, nous sommes un peu ivre. Elle appelle un taxi, elle va y aller.
« Prends soin de toi » je lui dis…
Elle s'en va.
Je me rassois, et je regarde la bouteille vide.

Vivement Bientôt.

Jeudi 14 Décembre 2006 à 14h21

Elle attrape une cigarette, elle pense à lui. Elle compte les jours. Huit. Huit c'est…c'est beaucoup encore. Elle a froid tout d'un coup. Elle allonge le bras pour trouver une des ses vestes en laine. La noire aux manches très larges. Celle qui a juste Trois boutons. Froid, froid d'être ici, le radiateur est sur Sept mais froid, dans cet endroit, seule, il lui tarde de partir. Avec lui. Elle se dit qu'elle a tellement besoin de, voir la mer, voir sa mère, besoin de passer du temps avec lui, beaucoup de temps, Huit jours, plus encore, Quinze. Elle lance ce morceau, cette musique, elle se souvient de ce garçon qui lui avait fait découvrir cet artiste, au lycée. Elle est contente de réécouter ça… elle se rappelle qu'il lui plaisait bien, ce garçon. Qu'aujourd'hui elle n'a aucune idée de ce qu'il fait, de ce qu'il est devenu, comme beaucoup d'autres… Le lycée, tellement loin maintenant…Elle pense que ce qui va arriver dans Huit jours, elle n'aurait pu l'imaginer il y a Six mois. Etre avec lui chez eux. Les fêtes de noël avec eux et lui. Elle se dit qu'elle devrait fouiller dans ses disques pour retrouver ceux-là. Elle a tellement de choses à faire d'ici ces Huit jours…Vite, vite les passer, échapper à toutes ces obligations un petit peu, s'en aller avec lui, elle se dit, elle y croit à peine, elle imagine et c'est trop de bonheur d'un coup… Tout à coup, vivre les mêmes choses que chaque année, mais avec lui cette fois alors, c'est si différent… Presque trop de bonheur d'un coup alors, des larmes coulent… Il dira qu'elle est trop émotive.